Prieuré de SALAGON:

Ce site, à proximité du village de Mane, a traversé les âges puisqu'il a été habité dès la période gallo-romaine et que les archéologues pensent qu'un temple païen a précédé l'église que l'on peut voir de nos jours.

Bien vite, il va devenir une abbaye ou un prieuré bénédictins. De nos jours, il est le siège du conservatoire du patrimoine ethnologique de la Haute Provence , en effet dans les bâtiments attenants à l'église du prieuré, l'association « Les Alpes de Lumière » a installé un musée consacré à la société de cette Haute Provence, du XIX ème siècle à maintenant. Des animations font revivre les habitudes rurales anciennes. Il y a aussi, tout autour, des jardins à vocation ethnobotanique (études des relations de l'homme avec son environnement végétal) ; ils sont au nombre de six, à découvrir !

Ce prieuré nous montre aujourd'hui une église construite à la fin du XII ème siècle sur les ruines d'une autre datant du XI ème siècle (seul le chœur remonterait à l'édifice primitif soit le XI ème siècle), le premier écrit le concernant date de 1015, les archéologues ont découvert tout autour d'elle et plus particulièrement au sud, une nécropole qui daterait du V ème siècle,

un logis prieural de style gothique, des hangars agricoles et une cour caladée intérieure ayant un puits.

Au moyen âge, il dépendait de St André de Villeneuve lès Avignon et cela depuis le XI ème siècle. Et d'ailleurs, il y eut longtemps une grande rivalité avec les chanoines de Forcalquier. Les bénéfices d'une telle propriété rurale intéressaient tout le monde. Là où ce prieuré était établi, s'élevait un bourg gallo-romain qui se fixa là où on voit Mane de nos jours, lors des invasions sarrasines. L'évêque Gérard Chevrier (Gérard II), celui qui ne pouvait rentrer dans sa ville de Sisteron dont il était le pasteur et qui fut à l'origine de la concathédrale de Forcalquier y séjourna un temps avant de pouvoir prendre possession de son évêché.

En visitant l'église, on peut voir des restes de fresques murales, elle en fut décorée à la fin du XIV ème siècle. De même, puisqu'on parle d'art pictural, son tympan fut peint, on devine encore le dessin qui y figurait. Tout en elle parle roman, sauf une chapelle à l'est qui est de style gothique et remonte au XIV ème siècle. Au cours des temps, elle fut, même, transformée en grange, il est vrai que beaucoup le furent lorsque le vent de la révolution souffla, elle ne retrouva sa fonction première qu'en 1959.

Du logis qui jouxte l'église et où devait habiter le prieur ne subsiste de l'époque romane qu'une salle voûtée et le bas d'une tour carrée, en tant que prieuré rurale , Salagon ne fut certainement occupé que par un religieux , le prieur, aidé par quelques frères.

En 1562, il fut assailli, pillé et brûlé par les Huguenots. Au cours de la révolution, il sera vendu comme bien national et jusqu'en 1981, il servira comme exploitation agricole. Il eut quelques sursauts de vie religieuse au XIX ème siècle, en 1857, il fut acheté par le curé de Mane, en 1865, des moniales cisterciennes s'y installèrent avant d'aller vivre à Reillanne. Au cours de la seconde guerre mondiale, il fut occupé par les troupes italiennes. Et jusqu'à ce que l'association « Alpes de Lumière » le reprenne en main, comme il a été dit, il fut une ferme.

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Bibliographie : - « Salagon » Alpes de Lumière n° 77/78

- Petit album sur la découverte de Mane, édité par l'association « Connaissance de la Provence  », Manosque, 2003.

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